Colette.

Sidonie Gabrielle Colette (Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne, 28 janvier 1873 - Paris, 3 août 1954).




Le 3 août 1954, Colette s'éteint dans son appartement parisien, le 7 août, une foule d'anonymes et de célébrités se presse dans la cour d'honneur de Palais-Royal pour lui rendre un dernier hommage. Auréolée d'une immense gloire littéraire, Colette entrait dans la postérité et passait, pour ainsi dire, au rang de mythe. Cette légende, c'est celle de cette femme qui d'écrivain à la réputation scandaleuse se mua, avec une aisance singulière, en bonne dame du Palais-Royal tout imprégnée de sagesse populaire. Voilà donc Colette, écrivain mémorable, tantôt animalière, tantôt amoureuse passionnée. Mais à y regarder de près, cette vision paraît bien réductrice. Non qu'il faille ignorer ces aspects, mais il convient de les compléter, de les nuancer par un regard plus attentif sur les multiples activités qu'elle a menées loin de sa plume et de l'encrier. C'est ainsi que se dévoileront, tour à tour, Colette comédienne, Colette chroniqueuse judiciaire, Colette scénariste, Colette conférencière, Colette femme d'affaires... en un mot, les multiples facettes qui se cachent derrière l'image faussement familière. Ainsi, le public découvre une autre Colette, celle dont l'image la plus fidèle se trouve "de l'autre côté du miroir".




Pour plus d'info. ==> http://fr.wikipedia.org/wiki/Colette

Colette.

# Posté le jeudi 01 mai 2008 14:10

Modifié le mardi 06 mai 2008 14:10

Selma Lagerlöf lauréate du prix Nobel de littérature, 1909.

Selma Lagerlöf lauréate du prix Nobel de littérature, 1909.
Première écrivaine couronnée, cette Suédoise devenue gloire nationale appartient au panthéon littéraire universel.

Première femme et première Suédoise à recevoir le prix Nobel de littérature, Selma Lagerlöf (1858-1940) offre, selon Le Figaro, "l'une des plus victorieuses répliques qu'une fille d'Eve ait infligées à l'orgeuil antiféministe des hommes". Après elle, on ne compte que neuf autres lauréates de ce prix, de Grazia Deledda (1926) à Elfriede Jelinek (2004).
"Typiquement suédoise et incontestablement universelle" : tel est le paradoxe qu'énonce Paul Valéry. Comment une oeuvre qui plonge ses racines dans une réalité aussi provinciale peut-elle être traduite en quarante langues et constamment rééditée? Unique par sa façon d'allier la simplicité à la subtilité, le fantastique au réel, Selma Lagerlöf offre l'exemple rare d'une écrivaine qui puise son inspiration aux sources d'une mythologie vivante. Son oeuvre, inscrite dans la tradition épique des sagas islandaises, est inséparable de la province du Värmland (à l'ouest de Stockholm) où s'est perpétué l'art du récit oral, transmis par les femmes. Est-ce la tyrannie dérisoire d'un père alcoolique qui lui fait peindre des hommes inadaptés à la vie, que seul l'amour d'une femme peut insérer dans la communauté? Empêchée de se marier par sa pauvreté - le manoir familial doit être vendu en 1887 - et par son infirmité - elle boite à cause d'une malformation congénitale de la hanche -, Selma Lagerlöf illustre à travers toute son oeuvre sa foi en l'amour féminin rédempteur. Pour elle, les tragiques insuffisances de l'homme, doté d'une force aveugle et destructrice, sont manifestes dans son émanation si imparfaite, l'Etat - d'où ses positions féministes, notamment la revendication du droit de vote -, afin de canaliser sa force vers les objectifs constructifs. Pour elle, cette symbiose morale représente le seul espoir en un avenir meilleur.

Anéantissant son rêve de l'amour tout-puissant, la guerre porte un coup terrible à ses convictions. Après avoir beaucoup agi pour aider les Juifs et les autres persécutés d'Europe, elle vit assez longtemps pour voir éclater la Seconde guerre mondiale. Comme Goethe, elle connaît une vieillesse productive, écrivant jusqu'à son dernier jour d'admirables nouvelles. Son ultime grande oeuvre est la trilogie épique "L'anneau des Löwensköld, Charlotte Löwenskold, Anna Svärd" (1925-1928). "Parmi les femmes de grand talent ou de génie, aucune à mon sens ne se situe plus haut", a dit d'elle Marguerite Yourcenar.

Oeuvres de Selma Lagerlöf:

• Gösta Berlings saga, roman, 1891.
• Osynliga länkar, nouvelles, 1894.
• Antikrists mirakler, roman, 1897.
• Drottningar i Kungahälla, nouvelles, 1899.
• En herrgårdssägen, roman, 1899.
• Jerusalem, roman en deux parties 1901-1902.
• Herr Arnes penningar, nouvelles, 1904.
• Kristuslegender, 1904.
• Nils Holgerssons underbara resa genom Sverige, roman, t. 1, 1906 ; t. 2, 1907.
• En saga om en saga : och andra sagor, 1908.
• Liljecronas hem, 1911.
• Körkarlen, roman, 1912.
• Kejsarn av Portugallien, 1914.
• Troll och människor, t. 1, 1915 ; t. 2, 1921.
• Bannlyst, roman, 1918.
• Zachris Topelius 1920.
• Mårbacka, 1922.
• La « Trilogie des Löwenskold » : 3 romans 1925-1928.
• Ett barns memoarer, 1930.
• Dagbok för Selma Ottilia Lovisa Lagerlöf, 1932.
• Höst : berättelser och tal, 1933.
• Från skilda tider, t. 1, 1943 et t. 2, 1945.
• Julklappsboken : och andra berättelser, récits, 1993.
• L'Anneau du pêcheur : nouvelles, traduit par Marthe Metzger et Thekla Hammar, Paris, Delamain et Boutelleau, 1940, 255 p. « Collection scandinave ».

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 13:51

Modifié le jeudi 24 janvier 2008 15:27

Les suffragettes françaises, 1908.

Les suffragettes françaises, 1908.
S'inspirant des Britanniques, certaines adoptent des tactiques bruyantes, mais sans excès ni violence.


Lors des éléctions municipales du 3 mai 1908, Paris est le théâtre de manifestations de suffragettes. Bilan : un carreau cassé, une urne renversée. Rien de commun avec les violences commises par les militantes britanniques. En France, l'engagement dans la cause serait-il moins profond? Certes non. Et pourtant, les féministes françaises, si solidaires soient-elles des emprisonnées de Londes, entendent se démarquer de leurs comportements violents, jugés " bien peu féminins". Toutefois, certaines admirent ces femmes hardies qui vont jusqu'au bout de leurs convictions et font parler d'elles.
Pour la première fois en France, le mouvement féministe s'interroge sur ses stratégies. Les militantes qui souhaiteraient importer les méthodes britanniques sont à la fois les plus marginales et les plus connues. Au premier rang, la pionnière Hubertine Auclert (1848-1914), inventrice de la propagande féministe et suffragiste, est appréciée des Anglaises. Parmi les autres, la médecin Madeline Pelletier, membre du Parti socialiste; Caroline Kaufmann, célèbre pour avoir fait irruption en 1904 à la Sorbonne en troublant la célébration du centenaire du Code civil, ce texte qui a refusé aux femmes les droits politiques et civils, Jeanne Oddo-Deflou, dirigeante du respectable Groupe français d'études féministes (fondé en 1898) et appréciée du Parlement pour ses conseils en matière de législation sur les femmes.

Pourquoi une telle différence entre les deux pays? Les féministes s'interrogent. Forçcant le trait, Jane Misme, directrice de l'hebdomadaire La Française, établit une distinction parmi les militantes en faveur du droit de vote féminin : "La suffragette est une guerrière qui a entrepris la conquête armée des droits politiques de la femme, là ou la suffragiste procède à la même besogne par la pénétration pacifique" Cette diférence de comportement repose, selon elle, sur une différence de "nature". Les Anglaises, vivant sous des latitudes "froides", sont-elles mêmes "froides et réservées, tout en étant capables des plus curieux emportements". Les influences climaticoculturelles subies par les Françaises seraient beaucoup plus favorables : se contrôler! Même si l'attitude des gouvernements est aussi à prendre en compte, jusqu'à nos jours aucune explication satisfesante de ces différences nationales n'a pu être donnée.
Parmi les militantes françaises, plus question désormais d'action violente. Au delà de ce constat, des différences tactiques subsistent. Faut-il revendiquer l'ensemble des droits politiques, ou les fractionner? Demander d'abord le droit de vote municipal, puis le vote intégral? Après des discussions passionées, on se met d'accord après la guerre, pour demander, en une première étape, le suffrage municipal pour toutes. Ces nombreuses divergences affaiblissent beaucoup les forces féministes et donnent aux ennemis du suffrage féminin des moyens supplémentaires pour y faire obstacle. Avec le recul du temps, force est de constater qu'aucune des deux méthodes, ni la violence ni la pacifique, ci celle des suffragettes ni celle des suffragistes, n'a directement porté ses fruits.

Armées de leurs ombrelles, des suffragettes envahissaient des bureaux de vote.

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 12:11

Modifié le lundi 21 janvier 2008 16:10

Les Britanniques veulent voter, 1907.

Les Britanniques veulent voter, 1907.
Avec plus de virulence que partout ailleurs, des féministes réclament le droit de vote, usant de méthodes parfois violentes.

Les Londoniens n'en reviennent pas : en février 1907, deux manifestations différentes, à quelques jours d'intervalle, pour exiger que les Femmes puissent voter et être élues! C'est que le mouvement féministe est divisé, les suffragistes modérées s'opposant aux suffragettes radicales. Un même but, mais des tactiques différentes : respect de la loi et méthodes "douces" pour les premières, avec l'Union nationale pour le suffrage des femmes, dirigée par Millicent Fawcett (1847-1929); violence jusqu'au-boutisme et moyens originaux destinés à attier l'attention, chez les militantes de la WSPU*, fondée en 1903 à Manchester par les travaillistes Emmeline Pankhurst (1858-1928) et ses filles, Christabel Pankhurst(1880-1958) et Sylvia Pankhurst(1882-1960). Désespérant des partis politiques et des pétitions, celles-ci ont décidé de passer à l'action directe violente. C'est à propos d'Annie Kenney et de Christabel Pankhurst, arrêtées en 1905, que le journal Daily Mail a forgé le mot suffragette.
Voilà que les suffragistes empruntent à leurs rivales une de leurs méthodes : la manifestation de rue dans le centre de Londres. Mais en ce 4 février 1907, pluie et vent transforment l'expédition en "marche de la boue" pour les 4000 femmes et leurs quelques supporters masculins.
Des milliers de femmes défilent avec des pancartes "votes for women"; elles sont bien décidées à en découdre avec la police qui défend chèrement les abords du bâtiment. Après plusieurs heures d'affrontements violents, quarante-quatre femmes et deux hommes sont arrêtés; la plupart sont condamnés à des peines de prison de sept à quatorze jours, et Sylvia Pankhurst écope d'une peine de trois semaines.
Après d'autres actions d'éclat et de nouvelles arrestations, les militantes font plusieurs grèves de la faim pour obtenir le statut de prisonnière politique. Le gouvernement ordonne de les nourrir de force. En 1909, Lady Constance Lytton, qui manifeste vêtue en ouvrière pour éviter de bénéficier d'un privilège, est victime de violences policières qui la laissent paralysée à vie.
Les féministes britanniques obtiennent gain de cause seulement en 1928, après de nouvellent manifestations. En 1918, le droit de vote n'est accordé qu'aux femmes de plus de trente ans (les hommes l'ont à partir de vingt et un ans); elles gagnent néanmoins le droit d'être élues, et la première à siéger à la Chambre des communes, en 1919, est Lady Astor.

Les Femmes Britanniques réclament le droit de vote, mais leur longue marche durera encore vingt et un ans.


*Women's Social and Political Union.

# Posté le dimanche 30 décembre 2007 10:43

Modifié le lundi 21 janvier 2008 15:55

Les créatrices russes, 1906.

Les créatrices russes, 1906.
Dans une période d'effervescence artistique et de nouvelles synthèses plastiques, nombre de femmes jouent un rôle clef.

Au tournant du siècle, dans les milieux d'avant garde des grandes villes européennes, des couples de peintres vivent et travaillent ensemble. La plupart se sont rencontrés pendant leurs études dans les écoles des beaux-arts, qui admettent les femmes depuis peu. Il est pourtant difficile aux femmes peintres qui se marient et ont des enfants de poursuivre leur oeuvre : on considère que c'est à l'épouse de subvenir aux besoins matériels, car la création du mari prime sur la sienne. C'est pourquoi bien des femmes choisissent le domaine plus lucratif des arts décoratifs : dessins de tissus, dessins de mode, illustrations de livres ou d'affiches, tapisseries, décors de théâtre.

A Moscou, c'est un couple qui lance, avec le mouvement la Queue d'âne, le néoprimitivisme: Mikhaïl Larionov et Natalhie Gontcharova participent à toutes les batailles de l'avant-garde; avant de quitter le pays en 1915, ils donnent une impulsion décisive à l'art russe moderne.

# Posté le mardi 04 décembre 2007 16:57

Modifié le lundi 21 janvier 2008 15:43